Pour nous deux

Témoignage

18.03.2003

Il aura fallu 9 mois pour diagnostiquer chez mon mari un cancer de prostate: de mars à novembre 1999. Les symptômes avaient fait leur apparition mi-mars de cette même année. Son cancer a été diagnostiqué en novembre. Il avait 49 ans.

Pourtant, les médecins consultés nous avaient assurés que tous les tests avaient été faits et que ce n’était qu’une Hypertrophie Bénigne de la Prostate (BHP). D'après ce que je sais jusqu'aujourd'hui, une biopsie n'avait pas été pratiquée. A l'époque, nous ne savions pas que ce test était l'examen de référence. En juillet, nous avons décidé de changer d’urologue. Il y avait un mois d’attente et, au milieu de tout ça, les vacances. Entre-temps, nous attendions; sans savoir ce qui nous attendait.

Le nouvel urologue a immédiatement procédé à une biopsie qui a confirmé un cancer de la prostate. S’en est suivi une scintigraphie qui, à son tour, a confirmé que les métastases s’étaient propagées aux os.

En mars 2000, en raison du manque de résultats de l’hormonothérapie (le cancer s'est avéré hormono-réfractaire), l’urologue nous a dirigé vers un oncologue en nous disant qu’il fallait passer à la radiothérapie.

L’oncologue a jugé que ce n’était pas à lui de prescrire ces tests. Entre temps, notre urologue s’était absenté pour un mois. Malgré notre insistance à essayer d’expliquer ce que l’urologue attendait, rien n'a été entrepris pendant cette précieuse période. C’est finalement, mon gynécologue qui, lors de ma visite de contrôle, m’a aidé en me dirigeant d'urgence vers un autre oncologue.

Ce dernier nous a tout de suite reçus et pris en main la situation. Il a ordonné un scanner sur le champ, puis, tout de suite après avoir reçu les résultats, a prescrit "en catastrophe", une radiothérapie. La radiothérapie a été une période de cauchemar sur le plan des effets secondaires qui se sont avérés bien plus larges et graves que les effets secondaires classiques et connus.

Une fois la radiothérapie terminée, mon mari a immédiatement commencé la chimiothérapie qu'il a poursuivi jusqu’au moment où il est parti le 8 octobre 2001. Il avait 51 ans.

Nous avions consulté New York, nous avons été à VilleJuif, à Paris. Il n’y avait rien à proposer. Ce que nous garderons en mémoire de cette période: un combat perpétuel physique et psychologique, le fossé entre la médecine et la réalité, le manque d’information, la recherche de solutions trop souvent introuvables pour répondre à toutes les difficultés qu'engendre cette maladie. Et de l’autre côté, le merveilleux courage et la dignité de mon mari jusqu'à la fin, notre force d’espérer et de nous battre sans ne jamais baisser les bras.

Je remercie les médecins qui ont été présents et qui nous ont apporté tout ce qu’ils savaient. A d’autres, je dis qu’ils ont encore beaucoup à apprendre.

Pour Nous Deux.

Suzanne Pétalas et Ernest Chipman