Prostatectomie totale suivie d'une hormonothérapie

Témoignage

24.05.2003

J'ai actuellement 68 ans. J'ai subi une prostatectomie totale en 1998, j'avais alors 63 ans. J'ai un cancer de la prostate du type D2 avec des métastases sur différents points au niveau des côtes et des clavicules. Selon mon oncologue il s'agit d'un cas atypique, le PSA étant toujours resté très bas (>0,1). J'ai un traitement hormonal du type LH-RH, avec heureusement peu d'effets secondaires.

Pourquoi mon témoignage ?

En effet, je suis une personne qui pendant toute sa vie professionnelle a été contrôlé médicalement toutes les deux ans, avec bien sûr chaque fois le touché rectal.

En 1997, une petite grosseur de la prostate est constatée. En 1998, un nouveau contrôle montre que cette grosseur a légèrement augmenté. Ceci m'oblige à consulter un urologue qui décide d'une biopsie. Celle-ci révèle la présence d'un carcinome qu'il faut enlever.

Un deuxième avis propose la seule et même solution, c.à.d. prostatectomie. Il n'est pas fait alors mention d'une intervention au laser, ce dont on m'a parlé plus tard.

Je subis donc cette prostatectomie. L'intervention se déroule dans les meilleures conditions et le résultat est très positif pour le chirurgien. L'incontinence disparaît presque totalement après trois à quatre mois, ceci avec l'aide d'un traitement électrique Bioflashback. En revanche, il n'y a plus d'érection.

Après cette intervention, mon médecin traitant me dit qu'il faut maintenant surveiller un certain nombre d'organes (poumons, foie, etc) qui auraient pu être touché par ce cancer de la prostate.

Une scintigraphie révèle qu'effectivement il y a quelques métastases sur les côtes et sur les clavicules. Ceci m'amène chez l'oncologue qui me propose un traitement hormonal du type LH-RH.

Je supporte bien ce traitement depuis maintenant cinq ans. Les scintigraphies suivantes ont montrés qu'il y avait rémission. Pour moi il reste une seule question : Jusqu'à quand ?

Et là on ne peut pas ou on ne veut pas me répondre, ce que je peux comprendre. Mais la quête de savoir comment la dernière phase va se déclencher reste entière.

Une autre question que je pose depuis longtemps : Est-ce qu'une scintigraphie immédiatement après la biopsie aurait changé le diagnostic et le traitement ? Ma plus grande surprise vient de mes amis. Les questions sont toujours les-mêmes : Comment cela s'est-il passé ? Pourquoi mon médecin ne me fait-il pas ce touché rectal ?

Avec ce témoignage, j'espère apporter encore de l'espoir à ceux qui moi sont victime de ce type de cancer. J'espère aussi inciter les hommes à demander l'acte médical qui consiste à vérifier l'état de leur prostate et aux médecins de ne pas hésiter à faire ce touché rectal mal accepté par beaucoup.

Paul Mulhauser