Traitement par curiethérapie

Témoignage

14.10.2003

Agé de 65 ans et ayant appris en décembre 2002 - grâce à des contrôles (PSA et examen) pratiqués depuis 15 ans - que j'avais un cancer de la prostate, traité en avril 2003 par curiethérapie, j'ai assisté avec un vif intérêt à la conférence organisée par PROSCA dans le cadre de la semaine internationale du cancer de la prostate.

De telles informations connues il y a un an, m'auraient évité quelques pénibles semaines et ont certainement beaucoup apporté aux participants.

Toutefois, bien que n'ayant pas de formation médicale, j'ai bien étudié la question avec tout d'abord un ami qui m'a précédé dans la même filière et avec le même succès, et il me semble que la brachythérapie/curiethérapie n'ont pas été présentées sous leur vrai jour. Certes leurs effets curatifs ont été reconnus comme équivalents aux techniques chirurgicales et radiothérapiques classiques, mais leurs effets secondaires ont été aussi présentés comme assez similaires. Or mon ami, traité au Seattle Prostate Institute, initiateur de la brachythérapie par grains radioactifs il y a 13 ans, comme moi, traité à l'Institut Curie à Paris, n'avons eu aucun effet secondaire sauf de devoir se lever 1 à 2 fois la nuit pendant 3 mois. Ma vie sociale, sportive, professionnelle et même intime n'a pas été affectée et je n'ai souffert à aucun moment.

Avec toutes les réserves d'un « non professionnel », il me semble que les effets secondaires de la brachythérapie et par extension de la curiethérapie, présentés lors de la conférence étaient plutôt ceux des versions « aiguilles radioactives fortement dosées » implantées temporairement. La brachythérapie pratiquée à Seattle (comme à l'hôpital de Mont Sinaï à New York) et la curiethérapie consistent en la mise en place définitive et en une fois de grains radioactifs faiblement dosés tout autour de la prostate. La radioactivité disparaît en 3 à 10 mois. La mise en place des grains prend 30 minutes, sous contrôle ultrasons. A Seattle, le traitement est fait en ambulatoire, à l'Institut Curie sous anesthésie de 2 heures.

Personnellement, je suis ressorti de l'Institut le lendemain à 11 heures, sans sonde, et ai participé à une compétition sportive 3 jours après.

Il est à noter que cette méthode ne peut s'appliquer qu'à un stade précoce de la tumeur, (pour ce qui me concerne, PSA de 4,51, Gleason 6, dimension T1 axiale T2 frontale) et qu'à ma connaissance elle n'est pas à ce jour pratiquée en Suisse. J'ose espérer que ce n'est que temporaire.

A titre indicatif, la curiethérapie coûte 8000 € à Paris et 40'000 $ (brachythérapie) à Seattle. Après discussion, mon assurance maladie m'a remboursé l'essentiel des frais mais il n'est pas garanti que toutes les compagnies en fassent autant. Je précise que je suis arrivé à la décision de me faire traiter par curiethérapie, après avoir envisagé la prostatectomie classique, puis par laparoscopie, grâce à cet ami traité à Seattle mais aussi grâce à un autre ami, chirurgien urologue français.

Si je n'avais pas parlé autour de moi de mon cancer, je n'aurais jamais connu cette alternative brachythérapie/curiethérapie. D'où les mérites de l'action d'information de PROSCA. Personnellement, dès que je suis en contact avec des hommes de 50 ans et plus, je parle des mérites des contrôles préventifs avec les possibilités offertes à un stade précoce.

J'espère que mon témoignage permettra de faire progresser l'information sur une technique non invalidante sous réserve bien sûr qu'elle soit applicable.

En effet, je ne serais pas étonné que la présentation pendant la conférence d'effets secondaires de la brachythérapie tout à fait similaires à ceux d'une radiothérapie classique (sonde pendant 10 jours, urètre rétréci…) n’ait eu un effet dissuasif, ce qui est dommage. A titre d'exemple, ma voisine lors de la conférence, dont le mari avait le même jour une biopsie de la prostate, a réagi très négativement : « Cette méthode n'est pas intéressante !!! ».

Texte sous couvert de l'anonymat